Réflexions du fauteuil : Amir Khadir en tournée pour faire la promotion de sa vision de l’économie
18 02 2009
Amir Khadir a annoncé la semaine dernière qu’il effectuerait une tournée québécoise pour expliquer les solutions de la gauche à la crise économique. J’en ai fait une caricature sur le blogue Les bulles (http://lesbulles.monblogue.branchez-vous.com/) qui a choqué plusieurs lecteurs. Je ne reviendrai pas sur la réponse que j’ai ajoutée aux commentaires, mais ça me donne l’occasion de dire ce que je pense des idées de la gauche en matière économique.
La gauche est aussi essentielle pour faire progresser les droits des citoyens et la justice sociale que les syndicats le sont pour la protection des travailleurs contre l’avidité des patrons. Sauf que je ne confierais jamais la direction d’une entreprise à un syndicat. Attention, je ne veux pas dire que je ne la donnerais pas aux travailleurs eux-mêmes. Je ne vois aucun problème à la prospérité d’une entreprise qui serait la propriété de ses travailleurs. Mais un syndicat ne peut pas en même temps viser les meilleures conditions de travail pour ses membres et le succès financier d’une compagnie sans sacrifier des pans complets de son idéologie ou la mettre en faillite.
Je me suis réjoui de l’élection d’Amir Khadir. Mais je ne souhaite pas que Québec solidaire prenne le pouvoir un jour, parce qu’il rejette le postulat selon lequel il faut créer de la prospérité économique pour pouvoir financer l’avancement des droits sociaux. Québec solidaire veut en même temps augmenter considérablement les dépenses sociales tout en augmentant d’autant les impôts des entreprises et des plus riches pour les financer. Dans le marché global actuel, si nos politiques financières, les taux d’imposition et les avantages consentis aux entreprises ne sont pas compétitifs, elles vont tout simplement aller se faire voir ailleurs, leurs propriétaires aussi. Et sans entreprises en santé et propriétaires heureux, on peut dire adieu aux bonnes conditions de travail des travailleurs et à la richesse collective. Penser le contraire, c’est rêver en couleur. Même les Chinois ont compris après l’effondrement du bloc communiste en Europe, que l’avenir de leur pays passait nécessairement par la prospérité économique et l’enrichissement collectif.
J’ai milité comme marxiste-léniniste dans les années 60. Je suis le fils d’un paysan qui est devenu travailleur manuel pendant la Deuxième Guerre mondiale. J’ai débarqué du mouvement le jour où je me suis rendu compte que nous avions beaucoup de mépris à l’endroit de ceux que nous prétendions défendre. Dans le fond, nous les traitions comme des faibles d’esprit qui n’ont pas les outils intellectuels pour prendre conscience de leur aliénation. Et nous étions prêts à imposer à ceux qui ne pensaient pas comme nous des restrictions à leur liberté d’expression que nous n’aurions jamais acceptées à notre endroit. En ce qui concerne l’économie, nous rejetions en bloc le capitalisme pour promouvoir l’idéologie communiste. L’histoire de la fin du 20e siècle a prouvé que nous avions tort.
Malgré ses nombreux défauts, et nous en somme témoins actuellement, il n’y a jamais eu de meilleur système économique que le capitalisme. Je défie ceux qui ont le poil qui frise en lisant cela de me nommer un autre régime qui a créé autant de richesse pour l’ensemble de la population des pays qui l’on adopté. Il sera encore meilleur après avoir été réformé pour sortir de la crise actuelle. Il faut dénoncer ses abus et protéger les laissés pour compte du système, mais c’est justement à cause de la richesse collective qu’il a créée que nous avons le loisir de nous en occuper. Les citoyens des pays où la priorité de la population consiste à répondre aux besoins primaires comme se nourrir n’ont pas beaucoup de temps à consacrer aux joutes idéologiques.
Je pense qu’il y a beaucoup de naïveté chez les socialistes sincères et de véritables fraudeurs intellectuels chez les plus extrémistes. Je classe bien sûr Amir Khadir et Françoise David dans le premier groupe. Je les appuie dans leurs efforts pour faire progresser les conditions de vie des citoyens les moins favorisés, mais je ne crois pas que la solution se trouve dans leur vision de l’économie.
La caricature ci-dessus a été trouvée sur le site Antagoniste.net
Publié par : jacqueso à 11:21:41Permalien
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